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L’excision au Soudan: perspectives d’avenir et stratégies d’élimination

Contexte

L'excision, ou mutilation génitale des filles, est largement pratiquée dans certaines régions du Soudan. Il importe d'étudier les perceptions à l'égard de cette pratique, les raisons de son soutien par les femmes et les prédicteurs sociodémographiques associés à ce soutien pour définir les stratégies susceptibles de la faire disparaître.

Méthodes

Dans le cadre d'une en- quête sur l'hygiène de la reproduction, environ 1.000 femmes mariées ou l'ayant été ont fait l'objet d'une sélection aléatoire dans trois régions: Haj-Yousif et Shendi dans le nord, où l'excision est largement pratiquée, et Juba dans le sud, où elle est relativement rare. Les entrevues ont permis le recueil de données relatives à la prévalence des trois types d'excision, à leurs corrélations sociodémographiques, aux attitudes des femmes à l'égard de la pratique et à leur perception des attitudes de leurs maris.

Résultats

Quelque 87% des répondantes de Haj-Yousif, presque 100% de celles de Shendi et 7% de celles de Juba avaient subi l'excision. L'excision pharaonique (la plus radicale) a été rapportée par 96% des femmes excisées de Shendi et 69% de celles de Haj-Yousif, mais par 31% seulement de celles de Juba. Un glissement, faible mais significatif, du type pharaonique au type sunnite semble toutefois être survenu dans les régions de Shendi et de Haj-Yousif ces dernières années. Dans l'ensemble, 67% des répondantes de Haj-Yousif, 56% de celles de Shendi et 4% de celles de Juba sont favorables à la continuation de la pratique; les femmes mieux instruites et disposant de moyens économiques plus élevés sont moins susceptibles de s'y montrer favorables dans les deux régions à haute prévalence. La coutume sociale est la raison le plus souvent citée en faveur du maintien de l'excision à Haj-Yousif et Shendi (69-75%), tandis que de meilleures perspectives de mariage représentent l'argument le plus fréquent à Juba. Selon les perceptions que s'en font les femmes, les hommes seraient plus susceptibles de favoriser l'abandon de la pratique.

Conclusions

L'excision semble en faible déclin dans certaines régions du Soudan. Une approche et une volonté politique culturellement acceptables sont nécessaires à l'abandon de la pratique. L'éducation et l'affranchissement économique des femmes permettraient de réduire le soutien de la pratique. Une campagne médiatique sur les risques de l'excision et son caractère non obligatoire pour les musulmanes serait aussi utile.

Acknowledgment

M. Mazharul Islam is a professor in the Department of Statistics, University of Dhaka, Dhaka, Bangladesh. M. Mosleh Uddin is United Nations Population Fund (UNFPA) representative in Iran. This article reports the results of a field survey conducted by the Central Bureau of Statistics of Sudan with the financial and technical assistance of UNFPA.

Disclaimer
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International Perspectives on Sexual and Reproductive Health