Pages 78 - 89

Autonomisation des femmes et nombre idéal d’enfants: examen des mesures EDS d’autonomisation en Afrique subsaharienne

Contexte

Le programme d’Enquêtes démographiques et de santé (EDS) collecte des données sur l’autonomisation des femmes, mais on en sait peu sur l’utilité de ces mesures dans les pays d’Afrique subsaharienne. Il est important de comprendre si l’autonomisation des femmes est associée à leur nombre idéal d’enfants et à leur capacité de limiter leur fécondité à ce nombre idéal dans le contexte subsaharien.

Méthodes

L’analyse repose sur les données de couple des enquêtes EDS de quatre pays d’Afrique subsaharienne: la Guinée, le Mali, la Namibie et la Zambie. L’autonomisation des femmes est mesurée en fonction de la participation aux décisions du ménage, des attitudes à l’égard du droit pour un homme de battre sa femme et des attitudes à l’égard du refus de rapports sexuels avec le mari. Le nombre d’enfants idéal des femmes est modélisé par régression linéaire multivariée et leur risque d’avoir plus d’enfants que ce nombre idéal, par régression logistique multivariée.

Résultats

En Guinée et en Zambie, les attitudes négatives à l’égard du droit de battre sa femme sont associées à un nombre idéal d’enfants plus faible (coefficients bêta, –0,5 et –0,3, respectivement). Une plus grande participation aux décisions du ménage n’est associée à un moindre nombre d’enfants idéal qu’en Guinée (coefficient bêta, –0,3). De plus, la participation aux décisions du ménage en Namibie et les attitudes positives à l’égard du refus des rapports sexuels en Zambie sont associées à une probabilité élevée d’avoir plus d’enfants que le nombre désiré (OR, 2,3 et 1,4, respectivement); les attitudes négatives à l’égard du droit de battre sa femme au Mali sont associées à une probabilité moindre de ce résultat (0,4). Conclusions: L’autonomisation des femmes — telle qu’évaluée selon les mesures actuellement disponibles — n’est pas uniformément associée à un désir de famille moins nombreuse ou à la capacité d’atteindre la fécondité désirée dans ces pays d’Afrique subsaharienne. La recherche doit être approfondie pour déterminer les mesures les plus pertinentes dans ces contextes.

Authors' Affiliations

Ushma D. Upadhyay is assistant research scientist, and Deborah Karasek is research manager, both with Bixby Center for Global Reproductive Health, University of California, San Francisco, USA.

Acknowledgment

The authors thank Sunita Kishor of ICF Macro and Simona Bignami of the University of Montreal for their guidance and insightful comments; Bryant Robey for his constructive comments and editorial expertise; and Karen Hardee of Population Action International for her comments on an earlier draft presented at the 2010 annual meeting of the Population Association of America. This study was supported by a fellowship from the United States Agency for International Development (USAID) through the MEASURE DHS project at ICF Macro.

Disclaimer
The views expressed in this publication do not necessarily reflect those of the Guttmacher Institute.

International Perspectives on Sexual and Reproductive Health