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Comprendre les tendances mondiales de la mortalité maternelle

Contexte

En dépit du fait que la plupart des décès maternels sont évitables, la mortalité maternelle demeure élevée dans de nombreux pays en développement. La cible A de l‘Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) 5 préconise une réduction de trois quarts du taux de mortalité maternelle entre 1990 et 2015.

Méthodes

Nous avons dérivé les estimations de la mortalité maternelle de 172 pays sur la période de 1990 à 2008. Les tendances ont été estimées directement sur la base des données d’état civil, ou bien sur celle d’un modèle hiérarchique ou multiniveaux, suivant les données disponibles pour un pays donné.

Résultats

Le nombre annuel mondial de décès maternels a baissé de 34% entre 1990 et 2008, passant d’environ 546.000 à 358.000. Le taux de mortalité maternelle estimé à l’échelle mondiale a également diminué de 34% sur cette période, passant de 400 à 260 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes. Entre 1990 et 2008, la charge mondiale des décès maternels est passée, pour la majorité, d’Asie en Afrique subsaharienne. Les tendances différentielles de fécondité, l’épidémie du VIH/sida et l’accès à la santé génésique sont les facteurs clés associés à ce déplacement régional.

Conclusions

Bien que le taux annuel estimé du déclin du taux de mortalité maternelle mondial (2,3%) soit inférieur au niveau requis pour satisfaire à la cible de l’OMD 5, ce taux est beaucoup plus rapide qu’on ne l’avait précédemment pensé. Des efforts ciblés d’amélioration de l’accès à des soins de santé maternelle de qualité et d’autres visant à réduire les grossesses non planifiées par le biais de la planification familiale sont nécessaires si l’on veut réduire davantage la charge mondiale de la mortalité maternelle.

Authors' Affiliations

Sarah Zureick-Brown is postdoctoral fellow, Emory University; Holly Newby is senior adviser, United Nations Children’s Fund; Doris Chou is medical officer and Lale Say is coordinator, World Health Organization; Nobuko Mizoguchi is research associate, University of Colorado, Boulder; Emi Suzuki is demographer, The World Bank; and John Wilmoth is professor, University of California, Berkeley.

Acknowledgment

Sarah Zureick-Brown and John Wilmoth were partly supported for this work by the World Bank–Netherlands Partnership Program. Nobuko Mizoguchi and John Wilmoth were partly supported for this work by the World Health Organization. Sarah Zureick-Brown undertook this project while a postdoctoral fellow at the University of Wisconsin-Madison, where she was supported by National Institute of Child Health & Human Development training grant 5T32HD007014–35. The authors thank members of the UN Maternal Mortality Estimation Inter-Agency Group (Carla Abou Zahr, Mohamed Ali, Ties Boerma, Eduard Bos, Liliana Carvajal, Doris Chou, Ralph Hakkert, Sara Hertog, Mie Inoue, Colin Mathers, Michael Mbizvo, Samuel Mills, Holly Newby, Mikkel Oestergaard, Lale Say, Armando Seuc, Emi Suzuki and Tessa Wardlaw) and members of the Technical Advisory Group (Saifuddin Ahmed, David Braunholz, Peter Byass, Wendy Graham, Kenneth Hill, Dag Roll-Hansen, Thomas Pullum and Neff Walker) for their role in producing the estimates released in 2010. The maternal mortality estimation project was funded by the World Health Organization, the World Bank–Netherlands Partnership Program and the MacArthur Foundation. The funding sources have no responsibility for the views expressed. Also, the views in this article are those of the individual authors and do not represent the views of their institutions.

Disclaimer
The views expressed in this publication do not necessarily reflect those of the Guttmacher Institute.

International Perspectives on Sexual and Reproductive Health