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Influence du pouvoir intrafamilial sur les soins de santé maternelle au Mali: perspectives des femmes, des hommes et des belles-mères

Contexte

Les données relevées dans différents contextes laissent entendre que les femmes ne disposent souvent que d’un contrôle limité sur les décisions relatives à leur propre santé reproductive. Pour accroître l’adoption de services et comportements préventifs, il importe de comprendre l’association entre, d’une part, la dynamique du pouvoir intrafamilial et les attitudes des femmes, des maris et des belles-mères et, d’autre part, les pratiques de santé maternelle.

Méthodes

Dans 317 ménages de deux districts ruraux du Mali central, les femmes qui avaient accouché durant l’année précédente et les maris et belles-mères de ces femmes ont été invités, chacun et chacune, à répondre à un questionnaire d’évaluation de leurs attitudes à l’égard des notions de genre, de pouvoir et de santé. Des analyses de régression logistique bi- et multivariées ont été réalisées pour identifier les associations avec quatre issues de santé maternelle: fréquence des soins prénatals, moment des soins prénatals, accouchement en milieu institutionnel et soins postnatals.

Résultats

Dans les analyses multivariées, les préférences et les opinions des belles-mères sont associées aux comportements de santé maternelle des belles-filles. Les perceptions personnelles des femmes concernant leur auto-efficacité, la valeur des femmes dans la société et la qualité des services au niveau de l’établissement de santé local se révèlent aussi indépendamment associées à leurs pratiques préventives et de recherche de la santé. Les préférences et opinions des maris ne sont associées à aucune issue.

Conclusions

Les interventions axées sur les femmes ou les couples ne suffisent peut-être pas à promouvoir la santé reproductive des femmes dans les sociétés patriarcales telles que celle du Mali. La recherche et les efforts programmatiques futurs devront prendre en considération les normes de genre et l’influence d’autres membres de la famille, notamment les belles-mères.

Authors' Affiliations

Darcy White is public health program associate, and Rob Stephenson is associate professor—both in the Hubert Department of Global Health, Rollins School of Public Health, Emory University, Atlanta, GA, USA. Michelle Dynes is a former doctoral student, Nell Hodgson Woodruff School of Nursing, Emory University. Marcie Rubardt is senior technical advisor, CARE International, Atlanta. Koman Sissoko is project manager, CARE International, Bamako, Mali.

Acknowledgment

The authors acknowledge the contributions of CARE Mali, particularly the Projet Espoir team, for their roles in data collection and project implementation. They also acknowledge Benjamin Schwartz, the director of the Health Equity Unit in CARE USA, for reviewing and technical support. Finally, Henriette Bulambo and Elizabeth Swedo, interns from Emory University, provided support and quality assurance throughout data collection. This research was supported by the Tides Foundation, with funds from Google. The authors declare no potential conflicts of interest with respect to the authorship or publication of this article.

Disclaimer
The views expressed in this publication do not necessarily reflect those of the Guttmacher Institute.

International Perspectives on Sexual and Reproductive Health