Pour atteindre les objectifs mondiaux de santé et de développement, les experts recommandent des investissements accrus et des interventions complètes

Johannesbourg, Afrique du Sud — Aujourd’hui, la Commission Guttmacher-Lancet sur la santé et les droits sexuels et reproductifs — une collaboration d’experts du monde entier en matière de santé, de développement et de droits humains à l’échelle planétaire — a appelé les gouvernements nationaux, les organismes internationaux, les bailleurs de fonds, les groupes de la société civile et autres intervenants majeurs, à s’engager sur la voie d’un nouveau programme audacieux en faveur de l’accès universel à la santé et aux droits sexuels et reproductifs. Ce programme, exposé dans un nouveau rapport publié ce jour dans The Lancet, prône une vision factuelle et progressive, économiquement abordable, faisable et essentielle à la réalisation de la santé, du développement équitable et des droits humains pour tous. Il embrasse le droit de chaque personne à prendre les décisions qui concernent son corps et sa vie — sans stigmatisation, discrimination ni contrainte — et à avoir accès aux interventions essentielles de santé sexuelle et reproductive.

Le rapport a été dévoilé aujourd’hui à Johannesbourg, en présence du juge Edwin Cameron, membre de la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud, de Richard Horton, rédacteur en chef de la revue scientifique médicale The Lancet et de Julitta Onabanjo, directrice régionale de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population) pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe.

Illustration indiquant que pour faire progresser la santé, il faut faire progresser les droits.

« Les écarts en santé et en droits sexuels et reproductifs à l’échelle mondiale ont d’énormes répercussions sur les personnes, les communautés et les économies. Nous ne devons plus tolérer ce problème.’ », a déclaré le docteur Alex Ezeh, co-président de la Commission et ancien directeur général de l’African Population and Health Research Center. « Le moment est venu d’éliminer ces inégalités, en adoptant une approche complète qui n’omette pas les éléments indispensables, tels que l’accès à l’avortement légal médicalisé, la prévention des cancers de l’appareil génital ou le traitement de l’infertilité. »

La Commission détaille dans son rapport l’ampleur des besoins de santé sexuelle et reproductive. Chaque année, dans les régions en développement:

  • plus de 200 millions de femmes désirent éviter une grossesse mais ne pratiquent pas la contraception moderne,
  • plus de 45 millions de femmes reçoivent des soins prénatals inadéquats ou nuls,
  • plus de 30 millions de femmes n’accouchent pas dans un établissement de santé.


Chaque année, dans le monde:

  • 25 millions d’avortements sont pratiqués dans des conditions dangereuses,
  • jusqu’à 180 millions de couples peuvent être concernés par des problèmes d’infertilité,
  • près de deux millions de personnes sont infectées par le VIH,
  • environ 266 000 femmes meurent du cancer du col de l’utérus.

De plus, à un moment où l’autre de sa vie, environ une femme sur trois dans le monde est victime de violences de genre, le plus souvent aux mains d’un partenaire intime.

« Depuis trop longtemps, le monde accepte comme inévitables ces tristes réalités. Notre rapport montre comment elles peuvent être surmontées, traçant une feuille de route que les pays peuvent suivre pour mettre en place les services et les interventions essentiels », affirme Ann M. Starrs, co-présidente de la Commission et présidente et PDG du Guttmacher Institute. « Nous avons les moyens d’accéder à la santé et aux droits sexuels et reproductifs universels, et nous savons comment. Des avancées significatives sont possibles, elles sont abordables et elles sont indispensables. »

Selon le rapport de la Commission, répondre au besoin de contraception moderne, d’avortement sans risque et de soins de santé maternelle et néonatale dans les régions en développement coûterait à peine 9 USD par personne et par an. Il s’agit là d’un investissement abordable, considérant surtout que la moitié de ce montant va d’ores et déjà à la couverture des niveaux actuels de soins, qui peut produire d’immenses bénéfices. L’accès aux services de santé sexuelle et reproductive sauve des vies, améliore la santé et le bien-être, favorise l’égalité de genre et accroît la productivité et le revenu des ménages.

La Commission rappelle que l’amélioration de la santé dépend, certes, de la mise en œuvre de programmes efficaces, mais aussi de la promotion des droits — y compris ceux souvent négligés dans les discussions mondiales, comme le droit de choisir librement ses partenaires sexuels et le droit à l’avortement légal médicalisé. Et d’appeler les pays à résoudre la problématique des normes sociales, législations et politiques restrictives et à tenir les gouvernements responsables de leurs engagements.

« Il est approprié de lancer le rapport de la Commission Guttmacher-Lancet ici, en Afrique du Sud, où nous sommes fiers d’avoir inscrit la santé et les droits sexuels et reproductifs aux articles de notre Constitution », a déclaré le docteur Aaron Motsoaledi, ministre sud-africain de la Santé. « Nous savons que, partout dans le monde, les investissements dans la santé et les droits sexuels et reproductifs produisent d’immenses bénéfices pour les personnes, les communautés et les gouvernements. »

La Commission souligne par ailleurs l’importance d’une meilleure documentation des besoins de santé sexuelle et reproductive propres aux populations souvent marginalisées et vulnérables, comme les adolescents, les personnes d’orientations sexuelles et identités de genre diverses, les populations déplacées et réfugiées et les personnes vivant avec un handicap.

Le rapport s’accompagne de deux commentaires d’accueil du nouveau programme pour la santé et les droits sexuels et reproductifs: un commentaire commun de deux ministres de la Santé, le professeur Isaac Adewole du Nigeria et le docteur Alejandro Gaviria Uribe de Colombie, et un autre, commun aussi, du directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, et de la directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population, la docteur Natalia Kanem.

 

La Commission

La Commission Guttmacher-Lancet se compose de 16 commissaires d’Afrique, d’Amérique du Nord et du Sud, d’Asie, d’Europe et du Moyen-Orient, dotés d’une expertise et d’une expérience pluridisciplinaires sur de nombreux aspects de la thématique de la santé et des droits sexuels et reproductifs. De 2016 à 2018, elle a tenu de multiples consultations et synthétisé les données disponibles avec l’aide de chercheurs au Guttmacher Institute, à l’African Population and Health Research Center et autres organismes associés à plusieurs commissaires. Le Groupe consultatif de la Commission rassemble 23 représentants d’organisations vouées à la santé et aux droits sexuels et reproductifs, à la santé mondiale et au financement ayant apporté leurs précieux avis sur le rapport et ses recommandations.

 

Le Guttmacher Institute

Le Guttmacher Institute est un éminent organisme de recherche et d’élaboration de politiques voué à la promotion de la santé et des droits sexuels et reproductifs aux États-Unis et dans le monde.

 

The Lancet

The Lancet est l’une des plus éminentes revues scientifiques médicales au monde, publiée chaque semaine depuis 1823.

Guttmacher-Lancet Commission Resources
InternationalAbortionContraceptionHIV/STIsPregnancyTeens
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    The Guttmacher-Lancet Commission on Sexual and Reproductive Health and Rights—a collaboration of global health, development and human rights experts from around the world—launches a new, bold agenda to achieve universal access to sexual and reproductive health and rights. This evidence-based, forward-looking vision encompasses the right of all individuals to make decisions about their bodies and lives—free of stigma, discrimination and coercion—and to have access to essential sexual and reproductive health interventions.