Volume 41, Issue 1
Pages 11 - 19

Estimations de l’incidence de l’avortement provoqué et conséquences de l’avortement non médicalisé au Sénégal

Contexte

L’IVG est soumise à une législation fort restrictive au Sénégal. Bien que les femmes cherchent à se faire soigner en cas de complications, il n’existe aucune estimation nationale de l’incidence de l’avortement.

Méthodes

Des données relatives aux soins après avortement et à l’IVG au Sénégal ont été collectées en 2013 au moyen d’enquêtes auprès d’un échantillon nationalement représentatif de 168 établissements de santé prestataires de soins après avortement et de 110 professionnels au courant de la prestation de services d’IVG. L’incidence de l’IVG dans le pays a été estimée par application des techniques d’estimation indirecte. Les taux et quotients d’IVG ont été calculés à l’échelle nationale et séparément pour la région de Dakar et le reste du pays. La distribution des grossesses en fonction de leur planification et de leur issue a été estimée.

Résultats

Selon les estimations, 51 500 IVG ont été pratiquées au Sénégal en 2012 et 16 700 (32%) ont donné lieu à des complications traitées dans les établissements de santé. Le taux d’avortement est estimé à 17 pour 1 000 femmes âgées de 15 à 44 ans, avec un quotient d’avortement de 10 pour 100 naissances vivantes. Le taux est supérieur à Dakar (21 pour 1 000), par rapport au reste du pays (16 pour 1 000). Les femmes pauvres sont beaucoup plus susceptibles que leurs homologues moins démunies de souffrir de complications chercher à se faire soigner. Environ 31% des grossesses ont été qualifiées de non planifiées; 24% de celles-ci (soit 8% du total) ont été interrompues.

Conclusions

L’avortement non médicalisé impose un lourd fardeau aux Sénégalaises. Réduire les obstacles à une pratique contraceptive efficace et assurer l’accès à des soins après avortement sans risque de conséquences juridiques pourraient amoindrir l’incidence et les complications de l’avortement non médicalisé.

Authors' Affiliations

Gilda Sedgh is principal research scientist, Sarah Keogh is senior research scientist and Jesse Philbin is senior research assistant, Guttmacher Institute, New York. Amadou Hassane Sylla is statistician and technical advisor, and Salif Ndiaye is director, Centre de Recherche pour le Développement Humain, Dakar, Senegal.

Acknowledgment

The authors gratefully acknowledge support from The William and Flora Hewlett Foundation. They also thank Souleymane Diouf and Abdoulaye Ba for assistance with data collection and data management.

Author contact: [email protected]

Disclaimer
The views expressed in this publication do not necessarily reflect those of the Guttmacher Institute.

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