Adding It Up 2024 : investissements dans la santé sexuelle et reproductive au sein des pays à revenu faible et intermédiaire en Afrique

L’étude Adding It Up examine la nécessité, l’impact et le coût d’un investissement complet dans les soins de santé sexuelle et reproductive (SSR). Ces services offrent aux personnes la possibilité de choisir quand et si elles veulent avoir des enfants, de vivre une grossesse et un accouchement en toute sécurité, d’avoir des nouveau-nés en bonne santé et de profiter d’une vie sexuelle sûre et épanouissante.

L’accès à des services complets en matière de santé sexuelle et reproductive est reconnu comme un droit humain fondamental, essentiel pour parvenir à l’égalité des sexes et permettre aux personnes de prendre des décisions autonomes concernant leur corps, leur santé et leur avenir. La réalisation de ce droit pour toutes les femmes, en particulier celles qui font face à des obstacles systémiques, préserve la dignité humaine et favorise l’équité dans toutes les communautés.

QUI EST CONCERNÉ : les femmes en âge de procréer (15 à 49 ans) dans 53 pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI) d’Afrique en 2024

CE QUE CELA COUVRE : les services de contraception, les soins maternels, les soins néonatals, les services d’avortement et le traitement des principales IST curables

NOUVEAUTÉS EN 2024 : la dernière édition d’Adding It Up propose une approche plus centrée sur la personne que les études précédentes en fournissant des estimations du nombre de femmes qui souhaitent éviter une grossesse, n’utilisent actuellement aucune méthode contraceptive et ont l’intention d’utiliser un moyen de contraception à l’avenir ou sont ouvertes à cette possibilité. Cette définition, appelée « demande non satisfaite », offre le point de départ le plus stratégique pour hiérarchiser les ressources limitées et se concentre sur les préférences exprimées par les femmes elles-mêmes en matière d’utilisation de contraceptifs.

Toutes les estimations de coût et les économies sont calculées en dollars américains pour l’année 2024.

Utilisation actuelle de la contraception et issues de grossesse en Afrique

Utilisation de contraceptifs

Dans les PRFI d’Afrique, 161 millions de femmes en âge de procréer souhaitent éviter une grossesse. Sur ce total, 97 millions de femmes utilisent des moyens de contraception modernes et 11 millions ont recours à des méthodes traditionnelles.

Les types de méthodes modernes de contraception utilisées actuellement varient énormément :

  • 68 % des utilisatrices de méthodes modernes ont recours à des méthodes de courte durée
  • 28 % à des méthodes réversibles de longue durée (18 % utilisent des implants et 10 % des DIU)
  • 4 % à la stérilisation

Environ 32 millions de femmes ont une demande non satisfaite en matière de contraception, ce qui signifie qu’elles souhaitent éviter une grossesse et ont exprimé leur intérêt pour l’utilisation de moyens de contraception modernes, mais qu’elles n’y ont pas recours actuellement.

La demande non satisfaite en matière de contraception représente le besoin le plus urgent chez les femmes en Afrique.

Grossesses non désirées

Chaque année, 29 millions de grossesses non désirées surviennent dans les PRFI, ce qui représente 43 % de toutes les grossesses enregistrées dans la région. Parmi ce total :

  • 40 % se terminent par un avortement
  • 47 % se terminent par une naissance non planifiée
  • 13 % se terminent par une mortinaissance ou une fausse couche

Besoins en services de santé sexuelle et reproductive

Outre les besoins non satisfaits en matière de contraception, les femmes des PRFI d’Afrique ont toute une série d’autres besoins en matière de santé sexuelle et reproductive qui ne sont pas pleinement satisfaits. Un accès insuffisant aux soins de santé maternelle et néonatale expose les femmes et les nourrissons à des risques.

Chaque année, sur le continent africain, 46 millions de femmes mettent au monde un enfant. Or, plusieurs d’entre elles ne bénéficient pas des soins recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé :

  • 20,6 millions effectuent moins de quatre visites de soins prénatals
  • 15,4 millions n’accouchent pas dans un établissement de santé
  • 7,1 millions ne reçoivent pas les soins nécessaires après une importante complication obstétricale

En outre, chaque année en Afrique :

  • 3,5 millions de nouveau-nés ne reçoivent pas les soins nécessaires en cas d’infections et d’autres problèmes de santé néonatale
  • 8,5 millions de femmes avortent de manière non sécurisée
  • 181 000 femmes meurent de causes liées à la grossesse, à l’avortement et à l’accouchement
  • 50,6 millions de femmes ne reçoivent pas le traitement dont elles ont besoin quand elles souffrent de chlamydiose, de gonorrhée, de syphilis et de trichomonase
Chaque année, dans les pays à revenu faible et intermédiaire en Afrique, des millions de femmes enceintes et de nouveau-nés ne reçoivent pas les soins recommandés.

Conséquences de l’élargissement et de l’amélioration des services de SSR

Répondre aux besoins en matière de contraception apporte d’énormes bénéfices pour la santé des femmes. Ces bénéfices sont multipliés lorsqu’ils sont associés à la satisfaction de leurs besoins en matière de soins pendant la grossesse et l’accouchement, ainsi que des besoins de leurs nouveau-nés.

  • Les grossesses non désirées et les avortements non sécurisés en Afrique diminueraient de 45 % si toutes les femmes dont les demandes ne sont pas satisfaites utilisaient des moyens de contraception modernes et si toutes les femmes enceintes recevaient des soins conformes aux normes internationales. En répondant à tous les besoins en matière de SSR, le nombre de décès maternels diminuerait de 67 %.
  • Si toutes les mères et leurs nouveau-nés recevaient les soins recommandés, les décès de nouveau-nés diminueraient de 70 % et les nouvelles infections à VIH chez les nouveau-nés âgés de six semaines ou moins connaîtraient une baisse de 87 %.
  • Les cas d’inflammation pelvienne engendrant une infertilité, qui proviennent d’une chlamydiose ou d’une gonorrhée non traitée, seraient éliminés si toutes les femmes souffrant de ces deux IST obtenaient un traitement efficace en temps opportun.

L’argumentaire en faveur d’un investissement pour répondre à tous les besoins en SSR en Afrique

Un ensemble de soins de SSR capable de répondre à tous les besoins des femmes en Afrique – demande non satisfaite de contraception, de tous les soins de santé maternelle et néonatale, de services d’avortement et de traitement pour les quatre principales IST guérissables – coûterait 54,6 milliards de dollars chaque année. Cette somme comprend 5,1 milliards de dollars pour tous les services de contraception, 47,6 milliards de dollars pour les soins de santé néonatals et liés à la grossesse, ainsi que 1,9 million de dollars pour les soins des infections sexuellement transmissibles.

L’investissement supplémentaire nécessaire chaque année pour les soins en matière de santé sexuelle et reproductive en Afrique s’élève à 40,1 milliards de dollars pour cinq sous-régions.

Ce total de 54,6 milliards de dollars représente un investissement annuel supplémentaire de 40,1 milliards de dollars, soit 26,83 dollars par habitant et par an.

Chaque année, dans les pays à revenu faible et intermédiaire en Afrique, un investissement supplémentaire de 26,83 dollars par personne permettrait de répondre aux besoins de toutes les femmes en matière de services essentiels de santé sexuelle et reproductive.

En investissant dans un ensemble exhaustif de services de SSR :

  • toutes les femmes en âge de procréer recevraient les soins des IST et liés à la grossesse dont elles ont besoin ;
  • tous les nouveau-nés recevraient les soins essentiels immédiatement après leur naissance ; et
  • toutes les femmes auraient accès aux services de contraception nécessaires pour qu’elles puissent décider d’avoir ou non des enfants et déterminer le moment de leur conception.

Ces gains permettraient de réduire les coûts substantiels du système de santé dans les PRFI et offriraient un retour sur investissement élevé. En outre, il a été prouvé qu’il est possible de mettre en œuvre les interventions comprises dans cet ensemble de services au sein de différents contextes partout dans le monde.

Le coût total des soins de SSR diminue lorsque davantage de femmes désirant utiliser une contraception sont en mesure de le faire. La diminution des grossesses non désirées qui résulterait d’une augmentation de l’utilisation des contraceptifs entraînerait une forte réduction des besoins en matière de services, tels que l’avortement et les soins après avortement, les soins prénatals et obstétricaux, ainsi que les soins néonatals.

Afin de concrétiser cette vision, il faut relever un défi fondamental concernant le financement pour satisfaire les besoins en matière de services de contraception. Le coût actuel des services de contraception dans les PRFI d’Afrique s’élève à 1,7 milliard de dollars, dont 950 millions de dollars en coûts directs. Pour répondre à toute la demande non satisfaite en matière de services de contraception dans ces pays, un investissement supplémentaire de 3,4 milliards de dollars est nécessaire.

Les économies réalisées en investissant dans les services de contraception

Chaque dollar dépensé pour les services de contraception au-delà du niveau actuel permettrait d’économiser 2,49 dollars en coûts liés aux soins maternels, néonatals et à l’avortement dans les PRFI d’Afrique, car l’utilisation de contraceptifs réduit le nombre de grossesses non désirées. Les économies varient selon les régions : Chaque dollar investi permettrait d’économiser 2,29 dollars dans les PRFI d’Afrique de l’Est, 4,27 dollars en Afrique centrale, 5,86 dollars en Afrique du Nord, 1,09 dollar en Afrique australe et 1,60 dollar en Afrique de l’Ouest.

En outre, permettre aux femmes d’avoir des enfants quand elles le désirent et de donner naissance à des nouveau-nés en bonne santé en toute sécurité dynamise les économies nationales, car les femmes bénéficient d’un meilleur accès à l’éducation et participent davantage à la main-d’œuvre.

Retour Immédiat  Pour chaque dollar investi : •	2,49 $ économisés au niveau régional •	2,29 $ en Afrique de l’Est •	4,27 $ en Afrique centrale •	5,86 $ en Afrique du Nord •	1,09 $ en Afrique australe •	1,60 $ en Afrique de l’Ouest Avantages sur le Long Terme •	Plus de femmes ayant accès à l’éducation •	Participation accrue à la main-d’œuvre •	Économies nationales plus solides

Source URL: https://www.guttmacher.org/fact-sheet/adding-it-up-2024-investing-sexual-and-reproductive-health-africa