• Les services de santé sexuelle et reproductive aident les femmes et les couples à avoir le nombre d’enfants qu’ils désirent quand ils le désirent; à accoucher sans risque et à voir naître des enfants en bonne santé; et à vivre une vie sexuelle saine, à l’abri du VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles (IST).

• Les avantages sanitaires immédiats de ces services sont: moins de grossesses non planifiées, une baisse des taux de mortalité et d’invalidité parmi les femmes et les nouveau-nés, et une transmission réduite du VIH et autres IST. Sur le long terme, ces avantages vont d’une meilleure épargne familiale à de plus fortes économies nationales.

• Malgré les progrès réalisés, l’Afrique subsaharienne accuse un sérieux retard par rapport à d’autres régions. Bien que n’abritant que 15% des femmes agées de 15 à 49 ans du monde en développement, elle concentre 63% de la mortalité maternelle et 89% de la transmission du VIH de la mère à l’enfant.

MORTALITÉ ET INVALIDITÉ EXCESSIVES

• Chaque année, 183 mille femmes meurent en Afrique subsaharienne de causes liées à la grossesse, tandis que 1,2 million de nouveau-nés ne vivent pas plus d’un mois. La prestation de soins médicaux adéquats permettrait d’éviter pratiquement tous ces décès.

• Selon les estimations, 244 mille nourrissons contractent chaque année le VIH pendant la grossesse et à l’accouchement (115 000) ou à l’allaitement (129 000). Presque toutes ces infections pourraient être évitées si toutes les mères vivant avec le VIH recevaient le traitement antirétroviral pour prévenir la transmission.

• Chaque année, environ 50 millions de femmes d’Afrique subsaharienne contractent l’une des quatre grandes IST guérissables: chlamydia, blennorragie, syphilis ou trichomonase. La plupart ignorent leur condition et n’obtiennent pas le traitement nécessaire, ouvrant la voie au risque de maladie inflammatoire pelvienne, de stérilité, de complications de la grossesse, de mortinatalité ou de graves problèmes de santé néonatale.

DES MILLIONS DE FEMMES SANS ACCÈS AUX SERVICES ESSENTIELS

• En 2014, plus de quatre femmes sur 10 en âge de procréer (15 à 49 ans) en Afrique subsaharienne désirent éviter une grossesse. Plus de la moitié de ces femmes — 55 millions — ne pratiquent cependant pas une méthode de contraception efficace (elles n’en utilisent aucune ou se fient aux pratiques traditionnelles). Ces femmes représentent environ 93% des grossesses non planifiées.

• Moins de la moitié des 36 millions de femmes qui accouchent chaque année bénéficient d’au moins quatre consultations prénatales (46%) et accouchent en milieu médicalisé (48%) — deux stratégies recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour assurer le bien-être de la mère et du nouveau-né.

• Moins du quart (22%) des femmes ayant besoin de soins pour complications médicales de grossesse ou d’accouchement en bénéficie. La même proportion de nouveau-nés reçoit les soins requis pour complications majeures à la naissance ou peu après.

• Seulement 27% du 1,4 million de femmes enceintes vivant avec le VIH reçoivent des médicaments antirétroviraux aptes à protéger leur santé et à prévenir la transmission du virus à leur enfant.

• Le besoin non satisfait de services de santé sexuelle et reproductive se concentre largement chez les ménages les plus pauvres. En Afrique subsaharienne, 26% seulement des femmes du quintile le plus pauvre accouchent dans un établissement de santé, par rapport à 81% de celles du quintile le plus riche.


AVANTAGES DE LA PLEINE SATISFACTION DU BESOIN DE SERVICES DE SANTÉ REPRODUCTIVE

• L’apport à toutes les femmes et nouveau-nés de services conformes aux normes recommandées par l’OMS entraînerait d’importants gains de santé.

• Combler le besoin non satisfait de contraception moderne signifierait que,

—les grossesses non planifiées diminueraient de 83%, de 18 à trois millions par an; et

—l’avortement non médicalisé baisserait de 84%, de 5,7 à 0,9 million.

• La couverture complète de soins de contraception combinée à celle de soins adéquats pour toutes les femmes enceintes et tous les nouveau-nés, soins du VIH compris, signifierait que

—la mortalité maternelle diminuerait de 69%, de 183 à 58 mille décès par an;

—la mortalité néonatale baisserait de 82%, de 1,2 million à 213 mille décès; et

—la transmission du VIH aux nouveau-nés chuterait de 93%, de 115 à 8 mille cas par an.

• À long terme, les autres bienfaits de la satisfaction des besoins de santé sexuelle et reproductive des femmes se révèlent dans leur capacité d’achever leurs études, de participer davantage à la vie active, d’accroître leur productivité et leurs gains et d’atteindre un plus haut niveau d’épargne et d’actifs du ménage.

NÉCESSITÉ D’UN INVESTISSEMENT ACCRU

• Répondre au besoin total de contraception moderne en Afrique subsaharienne coûterait 3,2 milliards de dollars par an, par rapport au 0,4 milliard dépensé en 2014. Étant donné la très faible pratique contraceptive moderne, particulièrement en Afrique orientale, centrale et occidentale, d’importants investissements d’infrastructure, de gestion, de formation et d’interventions communautaires seront indispensables pour que toutes les femmes bénéficient de services de qualité.

• Si les besoins de contraception moderne étaient satisfaits à 100%, le coût annuel de soins obstétricaux et néonatals adéquats s’élèverait à 13,3 milliards de dollars, dont 3,1 milliards pour le dépistage du VIH chez toutes les femmes enceintes et leurs nouveau-nés et le traitement antirétroviral requis jusqu’à six semaines après l’accouchement.

• Le coût du traitement de toutes les femmes en âge de procréer contre les quatre grandes IST guérissables (chlamydia, blennorragie, syphilis et trichomonase) serait de 0,7 milliard de dollars par an.

• Ensemble, ces investissements porteraient le coût total des soins de santé sexuelle et reproductive en Afrique subsaharienne à 17,2 milliards de dollars par an, soit près de cinq fois les dépenses actuelles.

RENTABILITÉ DE L’INVESTISSEMENT

• En réduisant le nombre de grossesses non planifiées, combler les besoins de contra- ception moderne des femmes rend plus abordable l’investissement dans les autres soins.

• Chaque dollar supplémentaire consenti à la contraception réduit le coût des soins obstétricaux de 1,52 dollar en Afrique subsaharienne.

• Maintenir les soins contraceptifs aux niveaux actuels tout en répondant pleinement au besoin de soins obstétricaux et néonatals coûterait 17,6 milliards de dollars. Éviter les grossesses non planifiées en répondant pleinement aux besoins de contraception réduirait en revanche le coût total à 13,3 milliards de dollars, puisqu’avec moins de grossesses non planifiées, moins de femmes et de nouveau-nés auront besoin de soins.

• Apporter aux femmes d’Afrique subsaharienne une formule complète de soins coûterait annuellement 76 dollars par femme en âge de procréer, ou 18 dollars par personne.

BESOIN D’ACTION DES GOUVERNEMENTS ET DES BAILLEURS DE FONDS

• Les fonds supplémentaires requis pour répondre pleinement aux besoins de services de santé sexuelle et reproductive proviendraient des gouvernements nationaux et des bénéficiaires individuels des services — qui assument ensemble la plus grosse partie des dépenses —, ainsi que des bailleurs de fonds internationaux et des ONG.

• Outre l’accroissement de l’investissement, les programmes doivent adopter une approche ancrée dans les droits humains, qui assure la qualité des soins, protège le droit à la confidentialité, favorise le choix éclairé et évite toute discrimination.

• À l’heure où les gouvernements et les organismes internationaux envisagent les objectifs de développement pour 2015 et au-delà, ils se doivent d’aborder la nécessité de plus grands investissements dans les services de santé sexuelle et reproductive. Ces investissements sont rentables. Ils sauvent des vies et ils sont essentiels au développement durable.

CRÉDITS

L’information présentée dans ce document est extraite du rapport suivant, où peuvent être consultées les sources de données et les méthodes d’estimation: Singh S, Darroch JE et Ashford LS, Adding It Up: The Costs and Benefits of Investing in Sexual and Reproductive Health—2014, New York: Guttmacher Institute, 2014.

Cette publication a bénéficié de subventions d’UK aid, de la Fondation Bill et Melinda Gates et de l’UNFPA. Les observations et les conclusions exprimées sont celles des auteurs. Elles ne reflètent pas nécessairement les vues ou politiques des bailleurs de fonds.