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New York/Genève (24 mars 2022) – L’Institut Guttmacher, l’Organisation mondiale de la Santé et le Programme spécial de recherche en reproduction humaine des Nations Unies (HRP) ont publié aujourd’hui les toutes premières estimations basées sur des modèles des taux de grossesses non désirées et d’avortement dans 150 pays, mettant en lumière les disparités majeures dans l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive.

L’étude, publiée dans la revue BMJ Global Health, analyse les taux de 2015 à 2019, dans le but de fournir des informations plus approfondies sur l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive dans les pays du monde entier, quel que soit leur niveau de revenu.

« Pour concevoir des politiques de santé sexuelle et reproductive véritablement inclusives et équitables, nous devons comprendre ce qui se passe au niveau national », a déclaré la Dre Herminia Palacio, présidente et directrice générale de l’Institut Guttmacher. « Disposer de données actualisées et fiables aidera non seulement à identifier les disparités et à trouver des solutions, mais aussi à plaider en faveur d’investissements plus intelligents qui auront un impact. »

Parallèlement aux estimations, l’Institut Guttmacher a publié des profils de pays plus détaillés pour permettre aux décideurs et aux défenseurs de la santé de mieux comprendre les besoins en matière de santé sexuelle et reproductive dans leurs pays et d’y répondre, en particulier dans le domaine de la planification familiale, y compris la contraception et la prise en charge complète de l’avortement.

Les moyennes régionales masquent de grandes disparités dans les taux de grossesses non désirées et d’avortement

Les nouvelles estimations indiquent que les taux de grossesses non désirées et d’avortement varient considérablement d’un pays à l’autre, même au sein d’une même région ou d’une même zone géographique. Les plus grandes variations ont été observées en Amérique latine et en Afrique subsaharienne où, par exemple, les taux de grossesses non désirées dans les pays variaient respectivement de 41 à 107 pour 1000 femmes et de 49 à 145 pour 1000 femmes.

Ces disparités ne sont pas uniquement influencées par le niveau de revenu : en Europe, par exemple, la plupart des pays où les taux de grossesses non désirées sont supérieurs à la moyenne régionale sont classés comme à revenu élevé, tandis que les deux pays ayant les estimations les plus faibles sont à revenu intermédiaire. Cette constatation est le reflet de l’existence d’obstacles à l’accès et à l’utilisation de soins de santé sexuelle et reproductive efficaces dans des contextes aux ressources plus ou moins élevées.

« Ces variations témoignent de la nécessité d’investir, même dans les régions où les taux de grossesses non désirées sont faibles, afin de permettre aux femmes et aux jeunes filles de tous les pays de choisir dans quelles circonstances elles veulent avoir des enfants », explique Jonathan Bearak, chercheur principal à l’Institut Guttmacher et premier auteur de l’article. « La proportion de grossesses non désirées se terminant par un avortement – qui atteint 68 %, même parmi les pays qui ont complètement interdit l’avortement – illustre la force de la volonté de millions de femmes et d’adolescentes d’éviter une grossesse non planifiée. »

Bien que les estimations contribuent grandement à améliorer la qualité des données probantes disponibles, il demeure urgent d’obtenir des données en plus grand nombre et de meilleure qualité. La disponibilité de données fiables sur l’avortement varie considérablement selon les régions, allant de 12 % des pays d’Asie occidentale et d’Afrique du Nord à 73 % des pays d’Europe et d’Amérique du Nord. Grâce à des investissements supplémentaires dans la collecte de données nationales, il serait possible de produire des estimations avec une plus grande certitude, de suivre les tendances et, éventuellement, d’évaluer l’impact des programmes à grande échelle à l’avenir.

La santé sexuelle et reproductive et les droits connexes sont un élément essentiel de la couverture sanitaire universelle et sont nécessaires pour mettre fin à la discrimination à l’égard des femmes et des filles. Ces estimations au niveau des pays soulignent l’importance d’un investissement équitable dans des soins complets de santé sexuelle et reproductive, et éclaireront davantage les pays qui s’efforcent de mettre en œuvre les nouvelles lignes directrices de l’OMS pour des services d’avortement de qualité.

« Pour une bonne santé, les populations des pays du monde entier ont besoin d’avoir accès à un ensemble complet et précis d’informations et de services relatifs à l'éducation sexuelle et à la planification familiale, ainsi qu’à des soins d’avortement de qualité », a déclaré la Dre Bela Ganatra, qui dirige l’unité de prévention des avortements non sécurisés à l’OMS. « Ces travaux de recherche vise à soutenir les pays dans leurs efforts pour renforcer les services vitaux qu’ils fournissent en matière de santé sexuelle et reproductive et pour améliorer les résultats en matière de santé, en particulier pour les femmes et les filles. »

 

Notes

Les chiffres et les taux de grossesses non désirées et d’avortements propres à chaque pays, ainsi que la proportion de ces grossesses se terminant par un avortement, sont produits à l’aide d’un modèle statistique. Ce modèle intègre et utilise toutes les données disponibles sur les intentions de grossesse et l’avortement chez les femmes en âge de procréer recueillies dans les différents pays et territoires.

 

À propos de l’Institut Guttmacher

L’Institut Guttmacher est une organisation menant des travaux de pointe dans les domaines de la recherche et des politiques afin de faire progresser la santé sexuelle et reproductive et les droits connexes aux États-Unis d'Amérique et dans le monde.

https://www.guttmacher.org/

À propos du HRP

Le Programme spécial PNUD/UNFPA/UNICEF/OMS/Banque mondiale de recherche, de développement et de formation à la recherche en reproduction humaine (HRP) est, au sein du système des Nations Unies, le principal instrument pour la recherche en reproduction humaine ; il rassemble des décideurs, des scientifiques, des prestataires de soins de santé, des cliniciens, des usagers et des représentants des communautés afin d’identifier les priorités de la recherche en vue d’améliorer la santé sexuelle et reproductive, et d’y répondre.

https://www.who.int/teams/sexual-and-reproductive-health-and-research-(srh)

À propos de l’OMS

Fondée en 1948, l’OMS est l’institution des Nations Unies qui relie les nations, les partenaires et les populations dans le but de promouvoir la santé, de préserver la sécurité mondiale et de servir les populations vulnérables – afin que chacun, partout dans le monde, puisse atteindre le niveau de santé le plus élevé possible.

www.who.int