• Les services de contraception et les soins de santé maternelle et néonatale permettent aux femmes et aux couples d’avoir le nombre d’enfants qu’ils désirent, d’espacer la naissance de ces enfants comme il leur convient, d’accoucher sans risques et de voir naître des enfants en bonne santé. À long terme, les avantages vont de la prolongation de l’éducation des femmes et des enfants au renforcement des économies nationales.

• Malgré les progrès réalisés, l’Afrique* accuse un sérieux retard, par rapport aux autres régions du monde, sur les plans de la contraception et de la santé maternelle et néonatale. Abritant 19% seulement de la totalité des femmes en âge de procréer (15 à 49 ans) des régions en développement, elle représente cependant 68% et 42% de la mortalité maternelle et néonatale, respectivement.

Des millions de femmes sans accès aux services essentiels

• En Afrique, plus de quatre femmes sur 10 en âge de procréer — soit un total de 125 millions — désirent éviter une grossesse. Pourtant, 47% de ces femmes — 58 millions en 2017 — ne pratiquent aucune méthode contraceptive ou ont recours aux méthodes traditionnelles, dont les niveaux d’efficacité sont généralement faibles. Ces femmes, définies comme présentant un besoin non satisfait de contraception moderne, représentent 90% de l’ensemble des grossesses non planifiées dans la région.

• Le nombre de femmes présentant un besoin non satisfait de contraception moderne en Afrique est en baisse, par rapport à 61 millions en 2014.

• La proportion de femmes qui désirent éviter une grossesse et présentent un besoin non satisfait de contraception moderne varie considérablement, de 22% en Afrique australe à 72% en Afrique centrale.

• Parmi les 42 millions de femmes de la région qui accouchent chaque année, beaucoup ne bénéficient pas des composants essentiels de soins maternels et néonatals préconisés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Environ la moitié seulement de ces femmes bénéficient d’au moins quatre consultations prénatales (51%) ou accouchent en milieu médicalisé (56%).

• La proportion des femmes accouchées ayant bénéficié d’au moins quatre consultations prénatales va de 44% en Afrique de l'Est à 86% en Afrique australe.

• En Afrique, seuls 26% des femmes et des nouveau-nés qui présentent un besoin de soins suite à des complications médicales de la grossesse ou de l’accouchement en bénéficient.

• Chaque année en Afrique, 211 000 femmes meurent des complications d’un accouchement, d’un avortement ou d’une fausse couche, tandis que 1,1 million de nourrissons décèdent durant leur premier mois de vie. L’apport de soins médicaux adéquats permettrait d’éviter la plupart de ces décès.

 

 

 

Répondre aux besoins de services, c’est améliorer la santé

• L’apport à toutes les femmes et nouveau-nés de services conformes aux normes recommandées par l’OMS donnerait lieu à d’importants gains de santé.

• Si une réponse était apportée à la totalité des besoins non satisfaits de contraception moderne en Afrique, on assisterait à une baisse considérable, d’environ 80%, du nombre annuel de grossesses non planifiées (de 23 à cinq millions par an), des naissances non planifiées (de 12 à deux millions) et des avortements provoqués (de neuf à deux millions).

• Sous combinaison d’un apport complet de contraception moderne à celui de soins adéquats à toutes les femmes enceintes et nouveau-nés, la mortalité maternelle diminuerait de 73% (de 211 000 à 56 000 décès par an) et la mortalité néonatale, de 84% (de 1,1 million à 185 000 décès par an).

Nécessité d’un investissement accru

• Les niveaux de services contraceptifs et de soins de santé maternelle et néonatale sont actuellement très bas, en particulier en Afrique centrale et de l’Ouest, et les systèmes de santé sont faibles sur une grande partie du continent. D’importants investissements de structure, de gestion, d’équipement et d’approvisionnement, de formation et d’approche communautaire seront indispensables afin que toutes les femmes bénéficient de services de haute qualité.

• Le coût actuel des services est estimé à 6,5 milliards USD par an en Afrique — soit 942 millions USD pour les services contraceptifs et 5,6 milliards USD pour les soins de santé maternelle et néonatale.

• Répondre à l’ensemble des besoins de contraception moderne des femmes en Afrique coûterait 4,2 milliards USD par an, soit 3,2 milliards de plus que les coûts actuels. Cet investissement supplémentaire permettrait d’améliorer la qualité des soins offerts aux utilisatrices actuelles et d’assurer la couverture des nouvelles utilisatrices de la contraception.

• En l’absence de cet investissement supplémentaire dans les services de contraception, la pleine satisfaction du besoin actuel de soins maternels et néonatals coûterait 24,0 milliards USD par an.

• La pleine satisfaction du besoin de contraception moderne des femmes ferait en revanche baisser les coûts associés à la grossesse de 5,8 milliards USD, les réduisant ainsi à 18,2 milliards USD. La raison en est que la diminution des grossesses non planifiées limite d’autant le nombre de femmes et de nouveau-nés qui ont besoin de soins, rendant ainsi plus abordables d’autres investissements dans les soins de santé.

• Plus précisément, chaque dollar supplémentaire consenti à la contraception ferait baisser le coût des soins de santé maternelle et néonatale de 1,79 USD en Afrique.

• La pleine satisfaction des besoins de services contraceptifs et de soins de santé maternelle et néonatale en Afrique représenterait un coût total de 22,3 milliards USD par an, soit plus que trois fois les dépenses actuelles.

• Répondre de manière exhaustive aux besoins de contraception moderne et de soins de santé maternelle et néonatale coûterait 18 USD par personne et par an en Afrique.

Besoin d’action des gouvernements et des organismes donateurs

• Dans leurs efforts pour atteindre les Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030, les gouvernements et les organismes internationaux doivent reconnaître la nécessité de prêter davantage attention aux services de contraception et de santé maternelle et néonatale et d’augmenter les investissements dans ces services.

• Ces investissements sont sources d’économies; ils présentent d’énormes avantages pour les femmes, les familles et la société; et ils sont essentiels au développement durable.