Ces estimations correspondent aux données les plus récentes relatives aux adolescents, et sont tirées du rapport Vue d’ensemble 2016. Elles ne sont toutefois par directement comparables à celles du document Vue d’ensemble 2017, qui s’appuie sur des données d’enquêtes et estimations plus récentes relatives aux grossesses non planifiées, avortements et coûts. Les estimations à jour pour les adolescents seront disponibles sous peu.

Pourquoi il est essentiel de différer la grossesse

  • La prévention des grossesses non planifiées est essentielle à l’amélioration de la santé sexuelle et reproductive des adolescentes, ainsi qu’à leur bien-être social et économique. 
  • Les complications de la grossesse et de l’accouchement sont une cause majeure de mortalité parmi les femmes de 15 à 19 ans dans les régions en développement. Cela sans compter que les enfants nés de mères adolescentes se trouvent confrontés à de plus grands risques de santé que ceux nés de mères plus âgées. 
  • Les premiers accouchements de femmes adolescentes représentent des cas disproportionnés de fistule obstétricale, condition débilitante résultant d’un travail prolongé avec obstruction.
  • La maternité à l’adolescence est associée à une scolarité écourtée chez les mères et peut perpétuer le cycle de la pauvreté de génération en génération.
  • Près de la moitié des grossesses d’adolescentes âgées de 15 à 19 ans en Afrique subsaharienne ne sont pas planifiées, et près de la moitié d’entre elles aboutissent sur un avortement. Presque tous ces avortements interviennent dans des pays où la procédure est souvent non médicalisée. 

Besoins de contraception des adolescentes

  • Parmi les 52 millions de femmes âgées de 15 à 19 ans en Afrique subsaharienne, 22% (11,3 millions) présentent des besoins de contraception parce qu’elles sont mariées ou célibataires et sexuellement actives, et qu’elles ne désirent pas avoir d’enfant avant au moins deux ans. 
  • Parmi ces 11,3 millions d’adolescentes, 32% (3,6 millions) pratiquent la contraception moderne. La méthode la plus courante est le préservatif masculin (utilisé par environ la moitié des utilisatrices), suivi des contraceptifs injectables et de la pilule.
  • Les 68% restants (7,7 millions) ne pratiquent pas de méthode moderne. Ces adolescentes présentent des besoins non satisfaits de contraception moderne. Parmi ces femmes, 87% ne pratiquent aucune méthode du tout; les autres ont recours aux méthodes traditionnelles, moins efficaces que les méthodes modernes. 
  • Les jeunes adolescentes présentent des niveaux de besoins non satisfaits plus élevés que leurs aînées: 72% des adolescentes de 15 à 17 ans, sexuellement actives qui désirent éviter une grossesse ne pratiquent pas la contraception moderne, par rapport à 65% de leurs aînées de 18 et 19 ans. 
  • Les besoins non satisfaits de contraception sont supérieurs parmi les adolescentes mariées âgées de 15 à 19 ans par rapport à leurs homologues célibataires sexuellement actives (74% contre 64%).
  • Au sein des sous-régions d’Afrique subsaharienne, les niveaux des besoins non satisfaits sont les plus élevés en Afrique centrale, où 78% des adolescentes sexuellement actives (mariées et célibataires) qui désirent éviter une grossesse ne pratiquent pas la contraception moderne. En Afrique australe, cette proportion est de 39%.
  • Les raisons invoquées par les jeunes Africaines pour expliquer leur absence contraceptive alors même qu’elles désirent éviter une grossesse sont souvent les préoccupations relatives aux effets secondaires, l’activité sexuelle peu fréquente, le fait de n’être pas mariées ou de se croire incapables de tomber enceintes à cause de l’allaitement ou l’absence de règles après une naissance, et l’opposition (de la femme ou du partenaire) à la contraception.

 

Coût de répondre aux besoins de contraception

  • En 2016, le coût annuel estimé de la prestation de services de contraception aux 3,6 millions de femmes âgées de 15 à 19 ans qui pratiquent la contraception moderne en Afrique subsaharienne s’élève à 36 millions de dollars. Cela représente, en moyenne annuelle, 10 dollars par utilisatrice.
  • Les frais de service comprennent les coûts directs représentés par les contraceptifs, les fournitures accessoires et les salaires des agents de santé ; ainsi que les coûts indirects représentés par les fonctions de gestion, la construction et l’entretien des structures, et les activités d’information et de sensibilisation, entre autres types de support programmatique. 
  • L’amélioration des services pour les 3,6 millions d’adolescentes qui pratiquent actuellement la contraception ferait passer les coûts de 36 millions à 113 millions de dollars. Cette amélioration, au profit des adolescentes, concernerait par exemple le renforcement du conseil et du suivi en matière de la contraception, la disponibilité constante d’une gamme de méthodes modernes et des prestataires formés en services conçus spécialement pour les jeunes.
  • Si les 7,7 millions d’adolescentes présentant des besoins non satisfaits utilisaient le même éventail de méthodes modernes que les utilisatrices actuelles et recevaient des services améliorés, les coûts totaux imputables aux utilisatrices actuelles et nouvelles s’élèveraient à 336 millions de dollars par an.
  • L’élargissement de services améliorés à la totalité des 11,3 millions de femmes qui en ont besoin représenterait un coût annuel de 30 dollars par utilisatrice. En d’autres termes, le coût serait de 34 cents US par habitant en Afrique subsaharienne. Une grosse partie de l’augmentation des coûts tient à l’amélioration des systèmes de santé qui soutiennent les services de contraception.

Avantages de répondre pleinement aux besoins de contraception

  • L’usage accru de la contraception moderne par les adolescentes qui ne désirent pas se retrouver enceintes permettrait d’éviter les grossesses non planifiées, de sauver des vies et d’améliorer la santé.
  • Si toutes les adolescentes présentant des besoins de contraception moderne y avaient recours, le total des grossesses baisserait, de 8,3 millions à 5,6 millions par an. Les grossesses non planifiées diminueraient de 2,7 millions par an (70%), donnant lieu à

—1,1 million de naissances non planifiées en moins, soit une baisse de 71%;

—1,3 million d’avortements en moins (soit une baisse de 70%), dont presque tous auraient été non médicalisés; et

—300 000 fausses couches de grossesses non planifiées en moins, soit une baisse de 71%.

  • Les décès maternels — résultant de complications de la grossesse et de l’accouchement — parmi les femmes de 15 à 19 ans diminueraient, du niveau actuel de 13 000 par an à 8 200. 

Recommandations

  • La réponse aux besoins de contraception des adolescentes doit être apportée sur plusieurs fronts: par l’élimination des mariages précoces, la prévention de l’abus et agression sexuelles, la scolarité accrue des filles, l’autonomisation des filles et des femmes, et l’offre de services de contraception de haute qualité.
  • En encourageant la scolarité des filles, on renforce leur aptitude à prendre des décisions autonomes. Les études démontrent que les adolescentes scolarisées sont moins susceptibles que celles non scolarisées d’être sexuellement actives, et plus susceptibles de pratiquer la contraception lorsqu’elles le sont.
  • Impliquer les jeunes hommes dans les programmes de santé sexuelle et reproductive peut favoriser l’avènement d’attitudes de genre plus équitables.
  • Les adolescentes doivent avoir accès à une information sur la santé sexuelle et reproductive adaptée à leur âge avant qu’elles ne deviennent sexuellement actives. Des politiques et programmes doivent être prévus pour répondre aux besoins de cette tranche d’âge, y compris l’apport d’une éducation complète en matière de sexualité.
  • Les approches les plus efficaces de la prestation de services de santé sexuelle et reproductive aux jeunes impliquent une combinaison de: formation des agents de santé ; amélioration des structures axée sur l’accueil des adolescentes et la protection de leur vie privée ; et diffusion des informations dans les écoles, les communautés et par les médias.
  • Les services de contraception doivent être fournis selon une approche qui protège les droits des jeunes femmes à un choix de méthode volontaire, éclairé et confidentiel. 
  • Le conseil qui accompagne la prestation de méthodes contraceptives doit être renforcé. Toutes les jeunes femmes doivent disposer : d’une information correcte concernant le risque de tomber enceinte ; des choix de méthodes contraceptives et des informations sur leurs effets secondaires éventuels ; et d’un soutien approprié si elles désirent changer de méthode.