Les investissements dans la santé et les droits sexuels et reproductifs (SDSR) ont des avantages substantiels et mesurables : non seulement ces investissements favorisent-ils la santé et le bien-être des personnes tout au long de leur vie, mais ils peuvent également entraîner des améliorations en matière d’éducation, d’égalité des genres, de stabilité politique, de développement économique et de durabilité environnementale1.

Le soutien du Canada à la planification familiale

Le Canada a pris des engagements fermes et audacieux pour investir dans la santé, les droits et le bien-être des femmes et des filles du monde entier. En 2019, le gouvernement du Canada a annoncé qu’il verserait 700 millions de dollars canadiens par an pendant 10 ans, à compter de 2023, pour soutenir la SDSR des femmes et des filles2. Ce financement, qui s’inscrit dans le cadre de la Politique d’aide internationale féministe du pays3, représente une augmentation substantielle par rapport à l’investissement antérieur de 650 millions de dollars canadiens sur une période de trois ans (2017–2020). L’impact de ces investissements sera probablement bonifié par les engagements financiers du Canada pris dans le cadre du Forum Génération Égalité 2021 pour lutter contre les inégalités fondées sur le genre4.

L’accent mis par le Canada sur la SDSR accorde la priorité à des domaines qui sont souvent négligés dans l’aide étrangère, à savoir : la planification familiale et les soins contraceptifs, l’éducation sexuelle complète, l’avortement sécurisé et légal ainsi que le plaidoyer pour la SDSR. Cet objectif comprend également des mécanismes de responsabilité pour suivre le soutien dans ces domaines négligés et les résultats qui en découlent.

La planification familiale et les soins contraceptifs font partie d’un ensemble complet et essentiel de services et d’informations en matière de SDSR1. Les investissements visant à élargir l’accès à cette gamme complète de services ont un impact considérable sur la santé5 et sont particulièrement nécessaires dans les pays et les contextes où les systèmes de santé sont déjà faibles ou mis à rude épreuve par des défis tels que la pandémie de COVID-19. Le financement du Canada pour la planification familiale aide également à respecter, protéger et réaliser le droit fondamental des femmes et des filles à avoir le contrôle de leurs propres choix en matière de santé sexuelle et reproductive, ce qui est essentiel pour la réduction de l’inégalité entre les genres et le traitement de ses causes profondes.

L’investissement du Canada dans la planification familiale au cours de l’exercice financier 2020–2021 (du avril 2020 au mars 2021) devrait avoir permis d’augmenter le nombre d’utilisatrices de contraceptifs, de diminuer le nombre de grossesses non désirées et, par conséquent, de réduire les naissances non planifiées, les avortements non sécurisés et les décès maternels. L’investissement continu du Canada dans la planification familiale, surtout au moment où les pays font face aux effets de la COVID-19, représente une importante contribution à la santé mondiale.

 

Investir pleinement dans la planification familiale dans le cadre d’un ensemble essentiel de services de santé permet non seulement de sauver des vies et d’améliorer la santé et le bien-être des adolescentes et des femmes, mais aussi de réaliser des économies. Les données de 132 pays à revenu faible et intermédiaire en 2019 montrent qu’en moyenne, chaque dollar américain dépensé pour les services de contraception au-delà du montant actuel réduirait de trois dollars le coût des soins maternels, néonatals et d’avortement5, et entraînerait également des économies à l’échelle nationale6.

Méthodologie et sources

Le financement du Canada pour les allocations de planification familiale par pays et par région comprend les montants bilatéraux codés selon le code d’objet 13030 (planification familiale) du Comité d’aide au développement (CAD), ainsi que le financement de base au Fonds des Nations Unies pour la population et à ONU Femmes. Les chiffres représentent l’exercice financier 2020–2021 (du 1er avril au 31 mars) en dollars canadiens. Les montants n’incluent pas la planification familiale fournie dans le cadre de l’aide humanitaire, qui est codée selon les codes de fin d’intervention d’urgence du CAD7. Affaires mondiales Canada considère que les informations sur le financement de l’exercice financier 2020–2021 sont préliminaires jusqu’à la vérification finale, en mars 2022. Les informations techniques utilisées pour produire ces résultats sont accessibles à l’adresse suivante : https://osf.io/5kdfz/.

Pour estimer le nombre annuel d’utilisatrices de contraceptifs bénéficiant du financement au cours de l’exercice financier 2020–2021, nous avons divisé le financement annuel par le coût annuel moyen de l’utilisation de contraceptifs, lequel provient de la plus récente analyse complète des coûts et des impacts de la planification familiale dans les pays à revenu faible et intermédiaire5,8. Les coûts par utilisatrice dans chaque pays ont été actualisés en fonction de la valeur du dollar américain en 2020 et convertis en dollars canadiens. Nous avons estimé les impacts nationaux à partir des résultats de 2019 issus de la même analyse. Les impacts totaux annuels ont été estimés en calculant la différence entre le nombre annuel d’événements attendus chez les femmes utilisant des méthodes contraceptives modernes et le nombre d’événements qui se produiraient si les femmes avaient plutôt recours à des méthodes traditionnelles ou à aucune méthode.

Bien que nous ayons utilisé une méthodologie similaire pour les deux périodes, les estimations de Rien qu’en chiffres 2020–2021 se fondent sur des données mises à jour sur l’impact et les coûts, et ne peuvent être directement comparées à la version antérieure de cette analyse, laquelle couvrait l’exercice financier 2017–2018. Toutefois, les méthodes utilisées pour estimer le financement total de la planification familiale sont essentiellement cohérentes et comparables d’une période à l’autre.