La santé et les droits sexuels et reproductifs (SDSR), y compris les programmes et services de planification familiale, sont au cœur de systèmes de santé résilients, de l’égalité des genres et du développement durable.1 Les données probantes sont sans équivoque : les investissements en SDSR sauvent des vies, réduisent la mortalité maternelle, préviennent les grossesses non désirées et élargissent les possibilités éducatives et économiques pour les femmes, les filles et les personnes LGBTQIA+.
Le soutien du Canada en matière de SDSR
Au cours de la dernière décennie, le Canada a fermement établi un rôle de leadership stratégique et reconnu à l’échelle mondiale dans la promotion des SDSR. En 2020, le Canada a lancé un engagement de dix ans pour la santé et les droits à l’échelle mondiale, en s’engageant à consacrer chaque année 700 millions $ CA aux SDSR. Cet engagement a consolidé sa position de chef de file crédible et guidé par des principes, tout en produisant des résultats mesurables et positifs pour des millions de personnes.2 En accordant explicitement la priorité à des SDSR complets et fondés sur les droits, y compris à des domaines longtemps négligés, le Canada a contribué à l’établissement d’une norme mondiale reconnaissant les SDSR comme un fondement essentiel de la réalisation des droits humains et de la santé mondiale.
L’engagement de dix ans a également établi un précédent mondial en matière de financement efficace des SDSR : des investissements prévisibles, pluriannuels et protégés, constituant la pierre angulaire de systèmes de santé résilients et durables. Cette approche fondée sur des données probantes reflète les rendements exceptionnellement élevés des investissements en SDSR, qui demeurent parmi les interventions de développement les plus rentables et à fort impact.3–5
Au cours de la période allant de 2019 à 2023, le Canada a alloué environ 2,09 milliards $ CA en matière de SDSR.6 En 2023, les investissements dans les SDSR représentaient 5,04% de l’aide publique au développement, ce qui place le Canada parmi les principaux donateurs mondiaux dans ce domaine.7 Alors que d’autres donateurs se retirent du financement des SDSR, les investissements soutenus du Canada garantissent la prévisibilité et la stabilité des services essentiels. Le Canada fait partie d’un groupe de grandes économies – incluant d’importants donateurs européens, le Japon, l’Australie et la Corée du Sud – qui représentent la majeure partie du financement mondial des SDSR. Néanmoins, l’écart mondial de financement pour répondre aux besoins en SDSR des femmes dans les pays à revenu faible et intermédiaire s’élève toujours à 54 milliards $ US – un écart qui ne fera que se creuser si le Canada se retire de ses engagements.3
Les réductions prévues de 2,7 milliards $ CA du budget de l’aide au développement au cours des quatre prochaines années, combinées au ciblage spécifique du financement de la santé mondiale pour de compressions du budget fédéral de 2025, mettent en péril le leadership du Canada.8 Les effets de ces réductions ne sont pas abstraits. Ils toucheront des adolescentes privées d’accès à la contraception et des mères n’ayant aucun lieu où accoucher en toute sécurité et dans la dignité. En cette période de recul mondial, l’investissement financier et politique du Canada dans les SDSR joue un rôle stabilisateur essentiel et doit être protégé.