Corrigé le 13 juillet 2017. Voir la remarque ci-dessous.

Selon les résultats d’une nouvelle étude publiée ce jour par le Guttmacher Institute, les services de contraception et de santé maternelle et néonatale (SMN) sont loin de satisfaire aux besoins dans les régions en développement. L’étude, intitulée Vue d’ensemble: Investir dans la contraception et la santé maternelle et néonatale, 2017, constate que 214 millions de femmes vivant dans les pays en développement désirent éviter une grossesse mais ne pratiquent, pour diverses raisons, aucune méthode contraceptive moderne. De plus, des dizaines de millions de femmes ne bénéficient pas des soins élémentaires de grossesse et d’accouchement dont elles ont besoin pour protéger leur santé et celle de leurs nouveau-nés: il est estimé que 50 millions de femmes parmi celles qui accoucheront cette année auront obtenu moins de quatre consultations prénatales et 35 millions n’accoucheront pas en milieu médicalisé.

Les progrès sont lents mais on observe une hausse régulière de la pratique contraceptive moderne dans les pays en développement, et ce même en tenant compte de l’accroissement du nombre de femmes en âge de procréer. Ainsi, le nombre de femmes présentant des besoins non satisfaits de contraception a baissé, ces trois dernières années, par rapport aux 225 millions constatés en 2014. L’investissement continu dans la planification familiale n’en reste pas moins essentiel au maintien des gains acquis et à la poursuite de nouvelles avancées. Il faut indispensablement garantir que les femmes présentant des besoins non satisfaits de contraception moderne surmontent les obstacles opposés à une pratique contraceptive efficace, car elles représentent 84% de l’ensemble des grossesses non planifiées dans les régions en développement.

«Répondre au besoin de planification familiale et de soins de santé liés à la grossesse dans les régions en développement produira un impact gigantesque sur la vie de millions de femmes et de leurs familles», déclare Ann Starrs, présidente-directrice générale du Guttmacher Institute. «Bien trop de femmes et de nouveau-nés n’ont toujours pas accès à ces services essentiels.»

L’étude constate en outre que, parmi les femmes accouchant dans les régions en développement en 2017, 61% seulement bénéficieront d’au moins quatre consultations prénatales et 73% accoucheront en milieu médicalisé. D’importantes différences sont observées entre les régions. Par exemple, ces proportions sont les plus faibles en Afrique, où moins de la moitié des femmes enceintes bénéficie d’au moins quatre consultations prénatales et un peu plus de la moitié seulement accouche en établissement de santé. Par contre, en Amérique latine et aux Caraïbes, près de neuf femmes sur 10 bénéficient d’au moins quatre consultations prénatales et plus de neuf sur 10 accouchent en milieu médicalisé.

La pleine satisfaction des besoins de contraception et de soins de SMN dans les régions en développement nécessiterait un investissement annuel de 53,5 milliards USD, soit 8,54 USD seulement par personne et par an (en USD 2017). La nouvelle recherche montre qu’apporter une réponse combinée aux besoins de contraception moderne et de soins de la grossesse permet de limiter des coûts. L’investissement dans les services de contraception fait en effet considérablement baisser le coût des soins de SMN car il réduit l’incidence des grossesses non planifiées. Il en résulte que, pour chaque dollar supplémentaire consenti aux services de contraception en sus du niveau actuel, le coût des soins associés à la grossesse diminue de 2,22 USD.

«L’investissement, à la fois dans les soins de contraception et dans ceux de santé maternelle et néonatale, produit le plus d’impact en termes de prévention de morts inutiles de femmes et de nouveau-nés», affirme DrJacqueline E. Darroch, membre éminente du Guttmacher Institute et auteur principal de l’étude. «La mortalité maternelle et néonatale se réduirait, respectivement, au quart et à moins du cinquième des niveaux actuellement observés sous investissement de 8,54 USD seulement par personne et par an.»

L’impact de cet investissement accru serait spectaculaire, à plus d’un égard. Répondre aux besoins de contraception moderne dans les régions en développement et veiller à ce que les femmes enceintes et leurs nouveau-nés obtiennent les soins essentiels donneraient lieu aux améliorations suivantes, par rapport aux niveaux actuels de 2017:

  • 67 millions de grossesses non planifiées en moins (une baisse de 75%)
  • 23 millions de naissances non planifiées en moins (une baisse de 76%)
  • 36 millions d’avortements provoqués en moins (une baisse de 74%)
  • 2,2 millions de décès de nouveau-nés en moins (une baisse de 80%)
  • 224 000 décès de mères en moins (une baisse de 73%)

De plus, l’investissement dans ces services s’accompagnerait d’importants avantages socioéconomiques pour les femmes, leurs partenaires et familles, et pour les sociétés dans leur ensemble. Il conduirait notamment à un niveau d’éducation accru des femmes et des enfants, à une hausse du revenu des femmes et à une diminution de la pauvreté.

La levée des obstacles à la prestation de soins de santé sexuelle et reproductive accessibles et acceptables nécessitera d’aborder les restrictions de nature politique, la faible qualité des services et les facteurs socioéconomiques qui entravent l’accès ou le recours aux services. La recherche antérieure révèle par ailleurs les raisons invoquées par les femmes pour justifier leur réticence à recourir aux méthodes de contraception moderne, notamment la crainte d’effets secondaires, de risques pour la santé et la croyance d’une certaine protection assurée par des rapports sexuels peu fréquents. Il en ressort un besoin urgent de services de contraception de haute qualité, qui proposent une large gamme de méthodes assortie d’un conseil précis et complet.

«Répondre aux besoins de santé sexuelle et reproductive des femmes dans les pays en développement est un objectif à la fois réalisable et économiquement abordable si les dirigeants du monde accordent à cette priorité de santé mondiale l’attention urgente qu’elle mérite», ajoute Ann Starrs.

L’étude a bénéficié du soutien d’UK Aid sous les auspices du gouvernement britannique, ainsi que de subventions de la Fondation Bill et Melinda Gates et de la Fondation John D. et Catherine T. MacArthur. Les opinions exprimées sont celles des auteurs. Elles ne reflètent pas nécessairement les positions ou les politiques des donateurs.

Remarque: Ce document a été mis à jour en date du 13 juillet 2017 afin de corriger une erreur de calcul des estimations de coût relatives aux services de contraception dans Vue d’ensemble: Investir dans la contraception et la santé maternelle et néonatale, 2017. Les corrections apportées ne changent en rien les observations sommaires ou conclusions de l’étude. Suivre le lien au document indiqué ci-dessous pour une explication complète des changements apportés.

Pour de plus amples informations, consulter la fiche d’information complète:

Vue d’ensemble: Investir dans la contraception et la santé maternelle et néonatale, 2017, par Jacqueline E. Darroch et al. (in English) (en español)